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Droit romain

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Monarchie romaine
753 – 509 av. J.-C.
République romaine
509 – 27 av. J.-C.
Empire romain
-27 – 476 ap. J.-C.

Principat
Empire d'Occident
Dominat
Empire d'Orient
Magistratures ordinaires
Consul
Proconsul
Préteur
Propréteur
Censeur
Tribun
Édile
Questeur
Magistratures extraordinaires
Dictateur
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Tribun consulaire
Interroi
Décemvir
Triumvir
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(Tous)
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Le droit romain est le système juridique de la Rome antique. Il s'agit des dĂ©veloppements lĂ©gislatifs utilisĂ©s par l'Ă©tat romain et byzantin jusqu'Ă  l'adoption du grec comme langue officielle au VIIe siècle. Ă€ ce titre, le dĂ©veloppement du droit romain couvre plus d'un millĂ©naire depuis la loi des Douze Tables autour de 450 av. J.-C. jusqu'au Corpus Juris Civilis de l'empereur Justinien vers 530. La lĂ©gislation romaine, prĂ©servĂ©e par le code de Justinien, devient la base des procĂ©dures juridiques de l'Empire byzantin, et plus tard aussi bien en Europe continentale qu'en Éthiopie. Le mot « droit Â» se dit ius en latin.

Sommaire

[modifier] Introduction

Le droit romain ne fait pas seulement rĂ©fĂ©rence au système juridique de la Rome antique, mais aussi aux lois qui sont appliquĂ©es un peu partout dans l'Europe occidentale de la fin du XVIIIe siècle. Dans certains pays, telle l'Allemagne, l'application pratique du droit romain a durĂ© plus longtemps encore. Pour ces raisons, nombre de systèmes de codes civils modernes en Europe continentale et ailleurs sont Ă©normĂ©ment influencĂ©s par la lĂ©gislation romaine. C'est particulièrement vrai dans le domaine du droit privĂ©. MĂŞme le common law anglais et nord-amĂ©ricain ont pris du droit romain bien qu'il ait beaucoup moins d'influence sur le système juridique anglais que sur les systèmes juridiques du continent. L'influence du droit romain se voit par la richesse de la terminologie juridique, retenue par tous les systèmes lĂ©gislatifs, comme la règle du prĂ©cĂ©dent, la culpa in contrahendo[1] ou encore les pacta sunt servanda. Les pays de l'Europe de l'Est, bien que longtemps sous l'influence de l'Empire byzantin, d'oĂą provient le Corpus Juris Civilis, ne sont pas significativement sous l'influence de ce dernier, mais restent cependant quelque peu basĂ©s sur le droit byzantin.

[modifier] Développement du droit romain

Avant la loi des Douze Tables (de 753 Ă  450 av. J.-C.), le droit privĂ© consiste au vieux code civil romain (ius civile Quiritium) qui ne s'applique qu'aux citoyens romains. Il est fermement garanti par la religion et n'est pas dĂ©veloppĂ© autour du formalisme strict, du symbolisme et du conservatisme, Ă  l'image de la pratique du mancipatio qui est hautement ritualisĂ©e. Le juriste Sextus Pomponius a dit : « Au dĂ©but de notre ville, le peuple a commencĂ© ces premières activitĂ©s sans la moindre loi ou droit Ă©crit : toutes les choses Ă©taient gouvernĂ©es despotiquement par les rois[2]. Â»

Il a été suggéré que les racines anciennes du droit romain proviennent directement de la religion étrusque, qui met l'accent sur les rites plutôt que sur son caractère concernant sa nature[3].

[modifier] Loi des Douze Tables

IcĂ´ne de dĂ©tail Articles connexes : Lex Terentilia et Loi des Douze Tables.

Il est impossible de savoir exactement quand le système juridique romain dĂ©bute rĂ©ellement. Le premier texte lĂ©gislatif, dont le contenu nous est connu avec quelques dĂ©tails, est la Loi des Douze Tables, datĂ©e du milieu du Ve siècle av. J.-C. Selon les historien romains[4],[5],[6], le tribun de la plèbe Caius Terentilius Harsa a Ă©mis un projet pour mettre par Ă©crit les lois et ainsi empĂŞcher les magistrats d'appliquer arbitrairement les lois. Après huit ans de lutte, les plĂ©bĂ©iens rĂ©ussissent Ă  persuader les patriciens d'envoyer une dĂ©lĂ©gation Ă  Athènes pour copier les lois de Solon. En plus, ils ont envoyĂ© des dĂ©lĂ©gations Ă  d'autres villes de Grèce pour connaĂ®tre leur lĂ©gislation. En 451 av. J.-C., dix citoyens romains sont nommĂ©s pour mettre par Ă©crit les lois (decemviri legibus scribundis). Pendant qu'ils effectuent leur tâche, on leur a attribuĂ© le pouvoir politique suprĂŞme (l'imperium), et les pouvoirs des autres magistrats ont Ă©tĂ© restreints. En 450 av. J.-C., les dĂ©cemvirs publient des lois en dix tables (tabulae), mais qui sont considĂ©rĂ©es comme peu satisfaisantes par les plĂ©bĂ©iens. Un second dĂ©cemvirat ajoute deux tables en 449 av. J.-C. La nouvelle loi des Douze Tables est approuvĂ©e par les assemblĂ©es lĂ©gislatives de la RĂ©publique romaine.

Les études modernes[7] tendent à remettre en cause les récits des historiens romains. Le second décemvirat ne serait jamais survenu, et c'est celui de 451 av. J.-C. qui aurait inclus tous les points controversés de la loi, ainsi que les principales fonctions à Rome. En outre, la question de l'influence grecque sur la première loi romaine est toujours débattue. Nombre de savants considèrent qu'il est improbable que les patriciens aient envoyé une délégation en Grèce, mais plutôt en Grande-Grèce, portail commun au monde grec et romain. Le texte original des douze Tables n'a pas été préservé, celui-ci ayant été probablement détruit lors du sac de Rome de 390 av. J.-C.

Les fragments qui ont survécut montrent que ce n'était pas un code de loi au sens moderne. Il ne fournit pas un système complet et cohérent de toutes les règles applicables, et ne donne pas de solutions juridiques à tous les cas possibles. Les tables contiennent plutôt des dispositions spécifiques pour modifier les lois ordinaires alors existantes. Bien que cette loi porte sur de nombreux points, la plus grande partie est consacrée au droit privé et à la procédure civile.

[modifier] Premières lois et jurisprudence

IcĂ´ne de dĂ©tail Articles connexes : Lex Canuleia, Lex Hortensia et Lex Aquilia.

D'autres lois, incluant la Lex Canuleia (445 av. J.-C., qui autorise le mariage — ius connubii — entre patriciens et plébéiens), les lois licinio-sextiennes (367 av. J.-C., qui mettent des restrictions sur la possessions des terres publiques — ager publicus — et obligent qu'un des deux consuls soit plébéien), la Lex Ogulnia (300 av. J.-C., les plébéiens peuvent accéder aux fonctions religieuses) et la Lex Hortensia (287 av. J.-C., les verdicts de l'assemblée plébéienne — plebiscita — ont force de loi) sont des avancées importantes dans la législation romaine et la guerre des ordres.

Un autre texte de loi de l'ère républicaine est la Lex Aquilia de 286 av. J.-C., qui peut être considérée comme l'origine de la responsabilité extra contractuelle. Cependant, la plus importante contribution romaine à la culture législative européenne n'est pas la disposition des textes de lois bien rédigés, mais l'émergence d'une classe de juristes professionnels (prudentes, sing. prudens, ou jurisprudentes) et de la science juridique. Cela s'accomplit dans un processus graduel d'appliquer des méthodes scientifiques de la philosophie grecque concernant les lois, un sujet que les Grecs eux-mêmes n'ont jamais traité comme une science.

Traditionnellement, les origines de la science juridique romaine sont apparentĂ©es Ă  Cneus Flavius. On dit qu'il aurait publiĂ© autour de 300 av. J.-C. les formules Ă  prononcer, sans lesquelles une procĂ©dure juridique ne pouvait ĂŞtre valable. Auparavant, ces formules Ă©taient tenues secrètes et uniquement connues par les autoritĂ©s religieuses. Leur publication rend possible aux non-prĂŞtres d'explorer les voies de ces textes juridiques. Que cette histoire soit crĂ©dible ou non, les juristes sont très actifs et des traitĂ©s juridiques sont Ă©crits en grand nombre durant le IIe siècle av. J.-C. Parmi les juristes les plus cĂ©lèbres de la pĂ©riode rĂ©publicaine, il y a Quintus Mucius Scævola qui Ă©crivit un traitĂ© volumineux sur tous les aspects de la loi, qui fut très influent jusqu'Ă  très tardivement, et Servius Sulpicius Rufus, un ami de CicĂ©ron. Ainsi, Rome dĂ©veloppe un système juridique très sophistiquĂ© et une culture lĂ©gislative raffinĂ©e quand la RĂ©publique romaine est remplacĂ©e par le système monarchique du principat en 27 av. J.-C.

[modifier] Période pré-classique

Dans la pĂ©riode entre 201 et 27 av. J.-C., nous pouvons voir le dĂ©veloppement de lois plus flexibles pour correspondre aux besoins de l'Ă©poque. En plus du vieil et formel ius civile, une nouvelle classe juridique est créée : le ius honorarium (ainsi appelĂ© car les prĂ©teurs sont au centre de la crĂ©ation de ce nouveau corps lĂ©gislatif et que la prĂ©ture est une magistrature honorifique, du latin honorarius). Avec cette nouvelle lĂ©gislation, le vieux formalisme est abandonnĂ© et des nouveaux principes plus flexibles ou ius gentium sont utilisĂ©s.

L'adaptation du droit aux besoins nouveaux est rĂ©servĂ©e Ă  la procĂ©dure juridique, aux magistrats, et spĂ©cialement aux prĂ©teurs. Un prĂ©teur n'est pas un lĂ©gislateur et n'a pas Ă  crĂ©er techniquement de nouvelles lois quand il publie un Ă©dit (magistratuum edicta). En fait, le rĂ©sultat de ces dĂ©cisions jouit de la protection juridique (actionem dare) et sont en fait souvent la source de nouvelles règles lĂ©gislatives. Le successeur d'un prĂ©teur n'est pas tenu par les Ă©dits de son prĂ©dĂ©cesseur ; cependant, il prend souvent les actes des Ă©dits de son prĂ©dĂ©cesseur qui s'avèrent utiles. De cette manière, un fond constant est créé provenant de l'Ă©dit Ă  l'Ă©dit (edictum traslatitium).

Ainsi, avec le temps, parallèlement au droit civil, ajoutant et corrigeant celui-ci, un nouveau corps de lois prĂ©toriennes Ă©merge. En fait, le droit prĂ©torien est ainsi dĂ©fini par le cĂ©lèbre juriste romain Papinien (Amilius Papinianus mort en 212 ap J.-C.) : Ius praetorium est quod praetores introduxerunt adiuvandi vel supplendi vel corrigendi iuris civilis gratia propter utilitatem publicam (« le droit prĂ©torien est la lĂ©gislation introduite par les prĂ©teurs pour complĂ©ter ou corriger le droit civil pour le bĂ©nĂ©fice public Â»). Finalement, le droit civil et le droit prĂ©torien sont fusionnĂ©s dans le Corpus Juris Civilis.

[modifier] Droit romain classique

Les premières 250 années de l'ère actuelle sont la période durant laquelle le droit romain et la science législative romaine atteignent le plus haut degré de perfection. La législation de cette période est souvent considérée comme la période classique du droit romain. Les accomplissements littéraires et pratiques des juristes de cette période donnent au droit romain cette forme unique.

Les juristes travaillent Ă  diffĂ©rentes fonctions : ils donnent des opinions juridiques sur la requĂŞte de partis privĂ©s ; ils conseillent les magistrats qui ont la charge de l'administration de la justice, surtout les prĂ©teurs ; et ils aident ces derniers Ă  rĂ©diger leurs Ă©dits, dans lesquels ils annoncent publiquement, au dĂ©but de leur mandat, comment ils vont user de leurs pouvoirs, et les formulaires, selon lesquels les procĂ©dures spĂ©cifiques seront conduites. Quelques juristes tiennent aussi eux-mĂŞmes d'importantes places administratives ou juridiques.

Les juristes produisent aussi toute sorte de commentaires ou traitĂ©s juridiques. Autour de 130, le juriste Salvius Iulianus rĂ©dige une forme standard des Ă©dits des prĂ©teurs, qui fut utilisĂ©e par tous les prĂ©teurs Ă  partir de ce moment-lĂ . Cet Ă©dit contenait des descriptions dĂ©taillĂ©es de tous les cas, dans lesquels le prĂ©teur autorisait une action juridique et accordait une dĂ©fense. L'Ă©dit standard fonctionna ainsi comme un code lĂ©gal complet, mĂŞme s'il n'avait pas officiellement force de loi. Il indiquait les exigences pour une revendication juridique rĂ©ussie. L'Ă©dit est donc devenu la base des commentaires juridiques approfondis par les classiques tardifs comme Paul et Ulpien. Les nouveaux concepts et les institutions juridiques dĂ©veloppĂ©s par les juristes prĂ©-classiques et classiques sont trop nombreux pour ĂŞtre mentionnĂ©s ici. Voici quelques exemples :

  • les juristes romains sĂ©parent clairement le droit juridique d'utiliser un bien (la propriĂ©tĂ©) de la capacitĂ© factuelle d'utiliser et manipuler ce bien (la possession). Ils trouvent aussi la distinction entre le contrat et le dĂ©lit comme sources d'obligations juridiques.
  • les types standard de contrat (la vente, le travail, la location, les services) sont rĂ©gulĂ©s dans la plupart des codes continentaux et les caractĂ©ristiques de chacun de ces contrats sont dĂ©veloppĂ©s par la jurisprudence romaine.
  • le juriste classique Gaius (autour de 160) inventa un système de droit privĂ© basĂ© sur la division de toute matière en personae (les personnes), res (les biens) et actiones (les actions juridiques). Ce système fut utilisĂ© pendant de nombreux siècles. Il peut ĂŞtre reconnu dans des traitĂ©s juridiques comme les Commentaries on the Laws of England de William Blackstone et des dispositions comme le code civil français ou le BĂĽrgerliches Gesetzbuch, le code civil allemand.

[modifier] Droit post-classique

Au milieu du IIIe siècle, les conditions pour l'Ă©panouissement d'une culture juridique raffinĂ©e sont devenues moins favorables. La situation politique et Ă©conomique gĂ©nĂ©rale s'est dĂ©tĂ©riorĂ©e. Les empereurs assument directement le contrĂ´le sur tous les aspects de la vie politique. Le système politique du principat, qui avait gardĂ© quelques liens avec la constitution rĂ©publicaine, commence Ă  se transformer en une monarchie absolue qu'est le dominat. L'existence d'une science juridique et de juristes qui regardent le droit comme une science, et non pas comme un instrument pour accomplir des objectifs politiques fixĂ©s par le monarque absolu, n'est plus dans l'ordre des choses. Peu de juristes après le milieu du IIIe siècle sont connus. Alors que la science juridique et l'Ă©ducation lĂ©gislative persistent dans une certaine mesure dans la partie est de l'Empire, la plupart des subtilitĂ©s du droit classique est nĂ©gligĂ©e et finalement oubliĂ©e Ă  l'Ouest. Le droit classique est remplacĂ© par le soi-disant droit vulgaire. OĂą les Ă©crits des juristes classiques sont encore connus, ils sont modifiĂ©s pour les conformer Ă  la nouvelle situation.

[modifier] Fondements juridiques romains

[modifier] Concepts

  • ius civile, ius gentium et ius naturale : le ius civile (« droit des citoyens Â», originellement ius civile Quiritum) est le corps des droits communs qui s'appliquent Ă  tous les citoyens et aux prĂ©teurs urbains, les magistrats ayant la juridiction sur les cas impliquant les citoyens. Le ius gentium (« droit des gens Â») est le corps des droits communs qui s'appliquent aux Ă©trangers, et Ă  leurs relations avec les citoyens romains. Les prĂ©teurs pĂ©rĂ©grins sont les magistrats ayant la juridiction sur les cas impliquant des citoyens et des Ă©trangers. Le ius naturale est un concept que les juristes ont dĂ©veloppĂ© pour expliquer pourquoi tous les gens semblent obĂ©ir Ă  quelques lois. Leur rĂ©ponse est que le « droit naturel Â» inculquĂ© Ă  tous est un sens commun.
  • ius scriptum et ius non scriptum : les termes ius scriptum et ius non scriptum signifient littĂ©ralement les droits Ă©crit et non Ă©crit, respectivement. En pratique, les deux diffèrent par la signification de leur crĂ©ation et pas nĂ©cessairement s'ils sont mis par Ă©crit ou non. Le ius scriptum est le corps de la lĂ©gislation faite par les pouvoirs lĂ©gislatifs. La lĂ©gislation est connue sous le nom de leges (les lois) et de plebiscita (les plĂ©biscites, promulguĂ©s par le concile plĂ©bĂ©ien). Les juristes romains incluent aussi au ius scriptum les Ă©dits des magistrats (magistratuum edicta), les conseils du sĂ©nat (senatus consulta), les rĂ©ponses et les pensĂ©es des juristes (responsa prudentium), et les proclamations et les convictions de l'empereur (principum placita). Le ius non scriptum est le corps des droits communs qui Ă©manent de la pratique habituelle et deviennent fixes au fils des ans.
  • ius commune et ius singulare : Le ius singulare (« droit singulier Â») est le droit spĂ©cial pour certains groupes de la population, des biens, ou des relations juridiques (car il s'agit d'une exception aux principes gĂ©nĂ©raux du système juridique), gĂ©nĂ©ralement contraire au droit ordinaire (ius commune). Un exemple est la loi des testaments Ă©crits par les citoyens durant les campagnes militaires, qui sont exempts des solennitĂ©s gĂ©nĂ©ralement exigĂ©es pour les citoyens Ă©crivant des testaments dans des circonstances normales.
  • ius publicum et ius privatum : Le ius publicum (« droit public Â») protège les intĂ©rĂŞts de l'Ă©tat romain tandis que le ius privatum (« droit privĂ© Â») protège les individus. Dans le droit romain, le ius privatum inclue les droits des individus, de la propriĂ©tĂ©, et les droits pĂ©nal et civil. La procĂ©dure judiciaire est un processus privĂ© (iudicium privatum), ainsi que les procĂ©dures pour crimes (exceptĂ© les plus sĂ©vères, poursuivis par l'Ă©tat). Le droit public inclue seulement quelques parties du droit privĂ© Ă  la fin de l'Ă©tat romain. Le ius publicum est aussi obligatoirement utilisĂ© pour dĂ©crire des règlements juridiques (aujourd'hui appelĂ© ius cogens, ce terme est appliquĂ© dans le droit moderne international pour indiquer les normes pĂ©remptoires auxquelles on ne peut dĂ©roger). Ceux-ci sont des règlements qui ne peuvent ĂŞtre modifiĂ©s ou exclus par l'accord d'un parti. Ces règlements qui ne peuvent ĂŞtre changĂ©s sont aujourd'hui appelĂ©s ius dispositivum, et ils sont utilisĂ©s quand un parti partage quelque chose et n'est pas en opposition.

[modifier] Droit public

La constitution romaine, ou mos maiorum (« coutumes des ancĂŞtres Â») est un ensemble tacite de directives et de principes en constante Ă©volution qui se transmet oralement[8]. On en retrouve de nombreux concepts dans les constitutions modernes, incluant les Ă©quilibres et les contrĂ´les, la sĂ©paration des pouvoirs, le veto, l’obstruction, le quorum, les mandats, la mise en accusation, le pouvoir de la bourse et les Ă©lections rĂ©gulières. MĂŞme des concepts moins importants, comme par exemple ceux utilisĂ©s dans le système Ă©lectoral amĂ©ricain, trouvent leur origine dans la constitution romaine.

La constitution de la RĂ©publique romaine n'est ni formelle ni mĂŞme officielle. Cette constitution est largement non Ă©crite, et est en constante Ă©volution Ă  travers la vie de la RĂ©publique. Pendant le Ier siècle av. J.-C., le pouvoir et la lĂ©gitimitĂ© de la constitution romaine s'Ă©rodent progressivement. MĂŞme les constitutionnalistes romains, tels que le sĂ©nateur CicĂ©ron, perdent la volontĂ© d'y rester fidèle Ă  la fin de la RĂ©publique. Quand cette dernière tombe finalement dans les annĂ©es qui suivent la bataille d'Actium et le suicide de Marc Antoine, ce qui reste de la constitution de la RĂ©publique romaine meurt avec celle-ci. Le premier empereur romain, Auguste, essaie de façonner l'apparence d'une constitution qui gouverne l'Empire. La conviction d'une constitution survivante dure longtemps tout le long de l'Empire romain.

[modifier] Droit privé

IcĂ´ne de dĂ©tail Articles connexes : Ius privatum, Stipulatio et Rei vindicatio.

Stipulatio est une forme fondamentale de contrat dans le droit romain. Il est fait sous la forme de question et de réponse. La nature précise du contrat est contestée, comme cela peut-être vu ci-dessous.

Rei vindicatio est une action judiciaire par laquelle le plaignant demande que l'accusé rende un bien qui lui appartient. Cela peut seulement être demandé lorsque le plaignant possède le bien, et que l'accusé entrave d'une manière ou d'une autre sa possession. Le plaignant peut ainsi établir une actio furti (une action personnelle) pour punir l'accusé. Si le bien ne peut être récupéré, le plaignant peut réclamer des dommages à l'accusé avec l'aide de la condictio furtiva ou de l’actio legis Aquiliae (Des actions personnelles). Rei vindicatio est tiré du ius civile, qui n'est cependant disponible que pour les citoyens romains.

[modifier] Statut romain

Pour décrire la position d'une personne dans le système juridique, les Romains utilisent l'expression status. L'individu peut avoir une citoyenneté romaine (status civitatis), contrairement aux étrangers, ou il peut être libre (status libertatis), contrairement aux esclaves, ou encore avoir une certaine position dans la famille romaine (status familiae), soit en était le chef de famille (pater familias), ou un quelconque membre inférieur de cette famille.

[modifier] Litige romain

La Rome antique n'a aucun service public de poursuites judiciaires, comme le parquet français, donc les citoyens doivent eux-mêmes apporter les cas, parfois pour une récompense financière. Cependant, les magistrats amènent souvent ces cas, c'est ainsi vu comme un service public. Dès le début, cela est fait au moyen d'une citation orale, plutôt qu'une accusation écrite. Pourtant, plus tard, les cas peuvent être initiés par méthode écrite. Après que le cas est initié, un juge est nommé et l'affaire est décidée.

Sous la République et jusqu'à la bureaucratisation des procédures judiciaires, le juge est généralement un personne privée (iudex privatus). Il doit être un citoyen romain mâle. Les partis doivent être d'accord sur un juge, ou le choisir depuis une liste appelée album iudicum. Ils parcourent la liste jusqu'à ce que les deux partis soient d'accord sur le nom d'un juge. Dans les cas de grands intérêts publics, un tribunal de cinq juges est formé. D'abord, les partis en choisissent sept dans une liste, et parmi ces sept, cinq sont choisis aléatoirement. On les appelle des recuperatores.

Personne n'est obligé juridiquement de juger un cas, ce qui est considéré comme étant un fardeau. Cependant, il y a une obligation morale de le faire, qui est connu comme officium. Le juge a une grande latitude de la manière dont il conduit des litiges. Il considère toutes les preuves et décrète ce qui lui semble le plus juste. Puisque le juge n'est pas un juriste ou un technicien juridique, il consulte souvent un juriste pour les aspects techniques d'un cas, mais il n'est pas tenu de suivre les suggestions du juriste. À la fin des litiges, si les choses ne sont pas claires pour lui, il peut refuser de donner un jugement, en jurant que ce n'est pas limpide pour lui. Il a aussi un temps limite pour décider d'un jugement, qui dépend de quelques questions techniques du cas (type de l'action, etc.).

Plus tard, avec la bureaucratisation, cette procédure disparaît et est substituée par ce que l'on appelle la procédure extra ordinem. Le cas entier est passé en revue devant un magistrat dans une unique phase. Le magistrat a l'obligation de juger et de donner une décision, et on peut faire appel de cette décision devant un magistrat de plus haut rang.

[modifier] Héritage du droit romain

[modifier] Droit romain Ă  l'Est

IcĂ´ne de dĂ©tail Articles connexes : Corpus Juris Civilis et Droit byzantin.

Quand le centre de l'Empire est dĂ©placĂ© dans l'Est grec au IVe siècle, nombre de concepts juridiques d'origine grecque apparaissent dans la lĂ©gislation romaine officielle. L'influence est mĂŞme visible dans le droit des personnes ou de la famille, qui est traditionnellement la partie du droit qui change le moins. Par exemple, Constantin Ier commence Ă  mettre des restrictions au concept romain ancien de la patria potestas, en admettant que les personnes in potestate peuvent avoir des droits de propriĂ©taire. Il fait apparemment des concessions au concept beaucoup plus strict de l'autoritĂ© paternelle conformĂ©ment au droit grec-hellĂ©nistique. Le Codex Theodosianus (438) est une codification des lois constantiniennes. Les derniers empereurs sont mĂŞme allĂ©s plus loin, jusqu'Ă  ce que Justinien n'ait finalement ordonnĂ© qu'un enfant in potestate devienne propriĂ©taire de tout ce qu'il acquiert, exceptĂ© quand il obtient quelque chose de son père[9].

Les codes de Justinien, particulièrement le Corpus Juris Civilis (529-534) continue Ă  ĂŞtre la base des procĂ©dures juridiques dans l'Empire tout le long de ce qu'on appelle l'histoire byzantine. LĂ©on III l'Isaurien publie un nouveau code, l’Ekloga, durant la première moitiĂ© du VIIIe siècle. Ă€ la fin du IXe siècle, les empereurs Basile Ier le MacĂ©donien et LĂ©on VI le Sage s'attachent Ă  la rĂ©vision et Ă  la recodification du droit romain. Les lois sont regroupĂ©es matière par matière dans des volumes spĂ©cifiques puis traduites en grec, seule langue alors comprise par le peuple et les fonctionnaires. Ce code est devenu connu sous le nom de Basilica. Le droit romain est prĂ©servĂ© dans les codes de Justinien et dans le Basilica et reste la base de la procĂ©dure juridique en Grèce et dans les tribunaux de l'Église orthodoxe mĂŞme après la chute de l'Empire byzantin et sa conquĂŞte par les Turcs, et forme aussi la base de la plus grande partie du Fetha Negest, qui tient encore en Éthiopie jusqu'en 1931.

[modifier] Droit romain Ă  l'Ouest

IcĂ´ne de dĂ©tail Articles connexes : Droit romano-germanique et Droit anglo-saxon.

À l'ouest, l'autorité de Justinien n'est pas allée plus loin que certaines régions des péninsules italiennes et hispaniques. Les codes juridiques sont édictés par les rois germaniques, cependant, l'influence des premiers codes byzantins est tout à fait visible sur certains d'entre eux. Dans nombre de cas, les ethnies de citoyens romains continuent à être gouvernées par les lois romaines pendant assez longtemps, même alors que les membres de diverses tribus germaniques gouvernent avec leurs propres codes juridiques. Le Code et l’Institutes sont eux-mêmes connus dans l'Europe de l'Ouest (bien qu'ils perdent de l'influence dans les procédures juridiques du Haut Moyen Âge), mais le Digeste est largement ignoré pendant des siècles. Autour de 1070, un manuscrit du Digeste est redécouvert en Italie. Cela est fait principalement au cours de travaux de glossaires où des commentaires sont écrits entre les lignes (glossa interlinearis), ou dans une forme de notes marginales (glossa marginalis). À partir de ce moment-là, les savants commencent à étudier les textes juridiques de la Rome antique et enseignent à d'autres ce qu'ils ont appris. Le centre de ces études se situe à Bologne. L'école de droit s'est développée progressivement dans une des premières universités d'Europe.

Les Ă©tudiants, Ă  qui on enseigne le droit romain Ă  Bologne (et plus tard dans nombre d'autres endroits) constatent que beaucoup de règles de droit romain conviennent mieux pour rĂ©guler les transactions Ă©conomiques complexes que les règles habituelles, qui sont applicables partout en Europe. Pour cette raison, le droit romain, ou au moins quelques dispositions empruntĂ©es de ce dernier, commence Ă  ĂŞtre rĂ©introduit dans la procĂ©dure juridique, des siècles après la fin de l'Empire romain. Ce processus est activement soutenu par de nombreux rois et princes qui engagent des juristes formĂ©s par l'universitĂ© comme conseillers et employĂ©s de tribunaux et cherchent Ă  profiter des règles comme la cĂ©lèbre Princeps legibus solutus est (« le souverain n'est pas tenu par les lois Â», une phrase initialement forgĂ©e par Ulpien, un juriste romain).

Il y a plusieurs raisons qui expliquent le fait que le droit romain se propage durant le Moyen Âge. C'est parce qu'il est régulé par la protection juridique de la propriété et l'égalité des sujets juridiques et de leurs testaments, et aussi parce qu'il prescrit la possibilité que les sujets juridiques puissent disposer de leur propriété par testament.

Au milieu du XVIe siècle, le droit romain redĂ©couvert domine dans la procĂ©dure juridique de la plupart des pays europĂ©ens. Un système juridique, dans lequel le droit romain est mĂ©langĂ© avec des Ă©lĂ©ments du droit canonique et coutumes germaniques, spĂ©cialement la loi fĂ©odale, Ă©merge. Ce système juridique, qui est rĂ©pandu dans toute l'Europe continentale (ainsi que l'Écosse) est connu sous le nom de ius commune et les systèmes juridiques basĂ©s sur celui-ci sont gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©s comme le droit civil dans les pays anglophones.

Seule l'Angleterre est très peu influencĂ©e par le droit romain. Une raison de cela est que le système juridique anglais est plus dĂ©veloppĂ© que ces homologues continentaux oĂą le droit romain se rĂ©pand. Par consĂ©quent, les avantages pratiques du droit romain sont moins Ă©vidents aux praticiens anglais qu'aux juristes continentaux. Ainsi, le système anglais de Common law se dĂ©veloppe parallèlement au droit civil basĂ© sur le droit romain. Des Ă©lĂ©ments du droit romano-canonique sont prĂ©sents en Angleterre dans les tribunaux ecclĂ©siastiques, et moins directement, dans le dĂ©veloppement du système d'Ă©quitĂ©. En plus, quelques concepts du droit romain sont introduits dans le droit commun. Surtout au dĂ©but du XIXe siècle, les avocats anglais et les juges sont disposĂ©s Ă  emprunter des règles et des idĂ©es aux juristes continentaux et ainsi au droit romain.

L'application pratique du droit romain et de l'ère du ius commune europĂ©en prend fin quand les codifications nationales sont faites. En 1804, le code civil napolĂ©onien français entre en vigueur. Au cours du XIXe siècle, nombre d'Ă©tats europĂ©ens adoptent le modèle français ou rĂ©digent leurs propres codes. En Allemagne, la situation politique rend impossible la crĂ©ation d'un code de lois national. Depuis le droit romain du XVIIe siècle, en Allemagne, a Ă©tĂ© grandement influencĂ© du droit (coutumier) domestique que l'on a appelĂ© usus modernus Pandectarum. Dans quelques rĂ©gions d'Allemagne, le droit romain continue Ă  ĂŞtre appliquĂ© jusqu'Ă  ce que le code allemand (BĂĽrgerliches Gesetzbuch) entre en vigueur en 1900.

[modifier] Droit romain aujourd'hui

Aujourd'hui, le droit romain n'est plus appliquĂ© dans la procĂ©dure juridique, mĂŞme si les systèmes juridiques de quelques Ă©tats comme l'Afrique du Sud ou Saint-Marin sont encore basĂ©s sur le vieil ius commune. Cependant, mĂŞme lĂ  oĂą le droit est basĂ© sur un code, nombre de règles dĂ©rivent de l'application du droit romain : aucun code n'a complètement rompu avec la tradition romaine. PlutĂ´t, les dispositions du droit romain sont inscrites dans un système plus cohĂ©rent et exprimĂ©es dans la langue nationale. Pour cette raison, la connaissance du droit romain est indispensable pour comprendre les systèmes juridiques d'aujourd'hui. Ainsi, le droit romain est encore bien souvent un cours obligatoire pour les Ă©tudiants en droit dans les juridictions de droit civil.

Comme un pas vers l'unification du droit privé parmi les membres de l'Union européenne, le vieil ius commune, qui est partout la base de la procédure juridique, mais qui tient compte des coutumes diverses locales, est vu par beaucoup comme un modèle.

Aujourd'hui, le droit romain est remplacé par les codes modernes. Ceux-ci, cependant, ne créent par de nouveau droit de zéro. Mais plutôt, dans une large mesure, les règles du droit romain qui sont transmises, sont placées dans un cadre légal qui fournit un ordre moderne systématique.

Plus important que tout, le droit romain aura une grande signification en ce qui concerne la formation de règles juridiques uniformes dans le processus d'intégration politique en Europe. Le droit romain est le fondement commun sur lequel l'ordre juridique européen est construit.

[modifier] Sources

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu d’une traduction de l’article de WikipĂ©dia en anglais intitulĂ© « Roman law Â».

[modifier] Notes et Références

  1. ↑ En Allemagne, Art. 311 du Bürgerliches Gesetzbuch
  2. ↑ Article Roman law dans Catholic Encyclopedia, 1913, New York, Robert Appleton Company
  3. ↑ Jeno Szmodis, The Reality of the Law — From the Etruscan Religion to the Postmodern Theories of Law, éd. Kairosz, Budapest, 2005
  4. ↑ Tite-Live, Histoire romaine, Livre III, 9-55
  5. ↑ Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, Livre X, 56-60 / (en)
  6. ↑ Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, Livre XII, 9-10
  7. ↑ Olga Tellegen-Couperus, A Short History of Roman Law, pp.19–20
  8. ↑ Byrd, The Senate of the Roman Republic, 1995, U.S. Government Printing Office, Senate Document 103-23, p.161
  9. ↑ Olga Tellegen-Couperus, A Short History of Roman Law

[modifier] Voir aussi

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